50e anniversaire de l'écrasement d'avion

Commémoration du 50e anniversaire de l'écrasement d'avion du 29 novembre 1963

Dans l'ordre habituel : Mme Sylvie Surprenant, mairesse de Sainte-Thérèse, M. Robert Page, fils de l’une des victimes (John Page) et sa conjointe, Mme Jean Page, ainsi que Mme Nicole Ruel, mairesse suppléante de Blainville, ont prononcé de réconfortantes paroles lors de la cérémonie.

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C’est dans le respect, la sérénité et avec beaucoup d’émotions que s’est déroulée la commémoration de l’écrasement d’avion qui avait fait 118 morts et secoué la paroisse de Sainte-Thérèse-de-Blainville il y a déjà 50 ans. L’événement s’est tenu le 29 novembre dernier au Centre culturel et communautaire Thérèse de Blainville, à Sainte-Thérèse, et a rassemblé de nombreuses familles et descendants des victimes en provenance du Canada, des États-Unis et d’Europe.

« C’est avec empathie et compassion que nous avons accueilli les familles des victimes qui se sont déplacées d’un peu partout pour venir assister à cette commémoration », a tenu à souligner la mairesse de Sainte-Thérèse, madame Sylvie Surprenant, qui a pris le temps de rencontrer plusieurs d’entre-elles, et pour qui « le devoir de mémoire de notre Ville dans cette tragédie historique est indéniable ». L’écrasement du vol 831 de Trans Canada demeure l’une des pires tragédies aériennes enregistrées au pays et sans aucun doute la pire qu’a connue notre région.

Parmi les plus de 300 personnes réunies, d’autres représentants ont tenu à être du nombre en raison du rôle que leur corps professionnel a joué à la suite des événements du 29 novembre 1963. Parmi eux, la Légion canadienne, la Croix-Rouge, la Régie intermunicipale de police et le Service de sécurité incendie des villes de Sainte-Thérèse et de Blainville, ainsi que des représentants de la compagnie aérienne Air Canada ont fait acte de présence. La Société d’histoire et de généalogie des Mille-Îles, qui a aussi joué un rôle dans la reconstitution des événements, était aussi présente.Des membres des familles des victimes, pour la plupart devenus orphelins ou veufs aux suites de cette tragédie, ont lu les noms des 118 victimes, une à une, dans un des moments les plus émouvants de la soirée. La foule a aussi observé une minute de silence à la mémoire des disparus. Bercées au son du piano, les familles des victimes, visiblement encore marquées par les événements qui auront changé le cours de leurs vies, ont ensuite pu fraterniser entre eux et partager leurs mémoires. Ils ont tenu maintes fois à remercier les organisateurs d’avoir souligné cette date avec autant de délicatesse et de courtoisie. Cette initiative de monsieur Robert Page, fils de l’une des victimes, a été appuyée et accompagnée par les Services des arts et de la culture des villes de Sainte-Thérèse et de Blainville dès ses premiers balbutiements.

D’autres activités de commémoration ont également été proposées aux visiteurs, dont la visite du cimetière de Sainte-Thérèse, où deux pierres retrouvées sur le lieu de l’écrasement ont été déposées où ont été enterrées les victimes. Un monument de granit répertorie également le nom de toutes les personnes disparues. Les gens ont pu se rendre sur les lieux de l’écrasement, au parc des Hirondelles, à Blainville, et ont eu l’occasion de visiter l’exposition sur l’écrasement au Musée Joseph-Filion, à Sainte-Thérèse. Cette exposition, qui s’est déroulée d’avril à novembre 2013, rassemblait 80 photos d’archives, des artéfacts comme des verres de vin, des cartons d’allumettes, des boutons de manchettes, et les effets personnels de l’une des victimes, monsieur Jack Nichols, trouvés sur le lieu de l’accident. Un costume semblable à celui porté par le défunt pilote, des livres de bord et de nombreuses coupures de journaux étaient aussi exposés au public.

Bien que la cérémonie entourant cette commémoration soit demeurée privée à la demande des familles des victimes, de nombreux médias nationaux ont souligné la date anniversaire.

Image d'archive de l'écrasement aérien de 1963

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Madame Janine Smith, veuve de l’une des victimes de l’écrasement d’avion, a demandé à ce que sa lettre de remerciements soit publiée, demande à laquelle la Ville de Sainte-Thérèse est honorée d’acquiescer par la présente.

Bonjour,

J’aimerais offrir mes remerciements les plus sincères à la mairesse de Sainte-Thérèse, madame Sylvie Surprenant, de même qu’aux résidents des villes de Sainte-Thérèse et de Blainville, pour les efforts déployés dans l’organisation de la commémoration du 50e anniversaire de l’écrasement du vol 831 de la Trans-Canada Air Lines, survenu le 29 novembre 1963. Mon mari, Neil Enright, était l’un des passagers sur ce vol.

Notre séjour fut empreint de respect, de compassion et de réflexion. Je suis retournée chez moi habitée par cette vague de soutien et reconnaissante d’avoir notamment rencontré une autre veuve et de nombreux enfants qui ont aussi été touchés par cette tragédie. Nous n’étions pas des étrangers se connaissant à peine, mais plutôt les membres d’une même famille. Je chérirai ces rencontres significatives tous les jours de ma vie.

Cependant, une pensée m’habite après avoir vu une photo exposée au Musée Joseph-Filion. Il s’agit d’une photo graphiquement explicite, qui montre clairement la désolation du site de l’écrasement, des débris de bagages, les fragments de l’avion… mais surtout, des parties de corps humains. Avec le recul, cette photo me fait penser aux premiers répondants qui se sont rendus sur le lieu de l’accident en cette soirée grise et pluvieuse. Par leur travail de première ligne, les pompiers, policiers, ambulanciers et membres de la Croix-Rouge m’ont ainsi protégée de la vision de cette scène traumatisante. Je les soupçonne toutefois d’avoir dû gérer le souvenir de ces images en silence, chacun à leur façon, puisqu’à cette époque, ce genre de soutien était moins courant.

Enfin, tout comme moi, ces anges ont aujourd’hui atteint un âge vénérable, ou sont décédés. Comme vous devez sans doute les connaître, de même que leurs familles, je vous prie de leur faire savoir que je les remercie profondément, que je prie pour eux et qu’ils occupent une place spéciale dans mon cœur. La publication de cette lettre est également accompagnée de pensées d’amour qui leur sont destinées. (traduction libre)

Respectueusement,

Janine (Enright) Smith